De Puno à Cuzco, on prend son temps!

Posted by Bénédicte on juil 11th, 2008
2008
juil 11

Après avoir quitté les bords du lac Titicaca, nous avons pris la direction de Cuzco, certainement l’une de nos dernières étapes de notre voyage… Nous avons pris tout notre temps sur cette dernière partie. Avec notre nouveau compagnon de route, Ennio, nous avons beaucoup campé, beaucoup plus goûté à la culture locale et fait du mountain-bike entre les roches sur la route mises par des grévistes péruviens (notre fil rouge des grèves :) )

 

 

 

Jour 1: Puno – Bivaouc 1, quelque part après Juliaca

Comme à notre habitude lors des étapes de reprises, nous quittons tard Puno, petit-déjeuner et dernières courses obligent… Nos jambes sont très rapidement mises à épreuve. Pour quitter Puno en direction de Cuzco, une bonne montée nous attend, nous permettant aussi de surplomber la ville. Nous faisons là nos derniers aux revoirs au lac Titicaca, pour rentrer dans les montagnes péruviennes. Ennio est plus rapide que nous dans la montée, mais nous nous sommes mis d’accord pour nous attendre et essayer de voyager en groupe, en espérant avoir le même rythme de croisière.

 

Si les premiers kms furent dures, les suivants sont plus faciles ! Nous avons rejoint l’Altiplano, et nous sommes désormais sur une route assez plate (avec quelques vallons). Nous rejoignons vers 14h30 Juliaca, autre grande ville de cette partie du Pérou. L’entrée de la ville est dangeureuse, une étroite route avec camions et voitures  »rois de la route », nous prévénant par leurs interminables coups de klaxons qu’ils ne s’écarteront pas de leurs trajectoires, et tant pis si nous y sommes ! Nous redoublons donc d’attention, et rentrons dans cette ville, ou plutôt très grand bordel, avec voitures, camions, vélos, mobilettes, piétons et nous sur la même route….. Cela vaut bien un arrêt « almuerzo » dans un restaurant: poulet cuit au grill et frittes au menu ! Pas très diététique, mais tellement bon !

 

La reprise est difficle avec un ventre plein, d’autant plus l’attache du porte bagage au vélo d’Ennio se casse après 4-5kms. Nous faisons demi-tour pour trouver un réparateur de voitures pour ressouder la pièce. Nous sommes acceuillis par une équipe de 7 personnes arrêtant tous leur travail pour parler avec nous! Le soudeur semble être un artiste très attentionné à son travail, pendant que les autres décortiquent notre carte de route. Nous avons l’impression que c’est la première fois qu’ils en voient une, tellement ils sont concentrés dessus !

 

1er jour - Reparation du velo de Ennio

Une fois la soudure effectuée, nous repartons pour une vingtaine de kms toujours aussi plats pour camper au milieu de nulle part. Nous demandons une première fois à des fermiers, mais ceux-ci refusent de nous laisser camper. La nuit approchant, nous décidons de retenter notre chance quelques mètres plus loin près du bord de la route, sans rien demander à personne. Le fermier devait surveiller ses terres, car il vient à notre rencontre pour discuter avec nous! Bien plus sympathique, il nous indique une source d’eau, et nous souhaite une bonne nuit fraiche ! Menu du soir: pattes (pour changer) mais avec du bacon et oignon,  Ennio se révélant être un bon cuisinier, avec surtout plus de matériel que nous ! Nous contemplons une nouvele fois les étoiles du Sud, si belles sans lune, avec en plus 2 étoies filantes cette nuit là !

 

 

Jour 2: pour un autre bivouac…

La route est belle, plate, beaucoup de vastes esapaces, avec les montagnes autour. Il y a un mélange de couleurs jaune dominante, ocre de la terre, et vert brun des montagnes au loin. Les bêtes semblent apprécier ces vastes espaces, tant elles sont grasses. Certains écoliers péruviens sont en vacances, et nous interpellent sur le bord de la route par des « hello » ou « Good Afternoon », ou des moins sympathiques « gringos » ! La gentillesse des Péruviens se confirment au fil des kms, beaucoup de sourires et de salut de la main. Les femmes ont l’air aussi plus sûres d’elles, bien plus qu’en Bolivie. Elles n’hésitent pas à nous interpeller !

Nous nous arrêtons à Pomata, pour un nouveau almuerzo. Durant ce trip, nous délaisserons avec joie nos habituelles pattes au thon pour les si bons, si copieux et si peu chers almuerzo ! C’est bon pour le moral, mais les reprises sont difficiles. En plus, nous nous « goinfrons » de mandarines juteuses, et de bananes, adieu les kilos perdus…..

 2iem jour - Almuerzo a Pucara

L’après midi est une succession de fermes ,  de chiens courant après nos vélos (we HATE them !), de kilomètres à notre compteur. 80 pour aujourd’hui ! Ce sera suffisant ! Nous nous arrêtons assez tôt, vers 15H30 pour porfiter du coucher de soleil, vers 16H45 au Pérou, ayant perdu une heure.  Nous sommes au milieu de champs, avec la bénédiction de la fermière. Ce coucher de soleil est magnifique, entre les herbes hautes et la douceur du froid (-8 C tout de même…). Heureusement,  soupe en entrée et… chocolat chaud comme désert! Ce n’est pas le meilleur, mais nous le délectons tant il nous réchauffe !!!!

 

Jour3: Jamais 2 sans trois, un autre bivouac mais…

Le programme de la journée est plus dure ! Si les 40 premiers kms sont plats, nous devons passer le col de la Raya, à 4 300m, en fin de journée…. Avec comme cadeau un vent de face !!

 

Les 40 premiers kms sont effectivement plats, avec les mêmes paysages que les précédents jours. Nous les avalons en 2 heures, pour manger un nouvel almuerzo dans la ville de Santa Rosa. Le ventre plein, nous repartons à la conquète du col de la Raya. Nous rencontrons rapidement 2 « tanks » allemands. Ce sont 2 couples allemands voyageant dans leur camping-car, ressemblant à des tanks tant ils sont massifs et imposants. Ils sont très gentils, nous discutons un peu avec eux, et nous apprenons qu’une grève générale dans le Pérou est annoncée dans 2 jours, notre fil rouge des grèves ! Ils quittent rapidement le pays, car on leur a dit que les grèves y sont assez violentes, avec beaucoup de pierres sur la route, mais aussi des pierres lancées sur les voitures essayant de passer les bloquages. Tout cela ne nous rassure pas, mais nous avons d’abord un col à franchir !

 

L’ascencion commencera après 20 kms, repoussant encore plus l’heure d’arrivée en fin de journée. La montée n’est pas trop dure, mais elle est longue avec un certain vent de face !! Après une heure d’effort nous y arrivons, et une surprise nous attend au col: des Péruviennes en maillot de bain sont en train de danser sur la route. Nous ne rêvons pas ! Un groupe de musique péruvien est en train de tourner un clip, et entre chaque voiture, dansent sur la route avec le chanteur vedette ! Assez cocace comme situation. Je me délecte… du paysage bien sûr, entre toutes ces montagnes. Nous devons malheureuesement partir assez rapidement, car il se fait tard et le soleil commence à disparaitre pour laisser place au froid. Heureusement, une longue descente nous attend, pour nous mener aux Aguas Calientes. Des eaux chaudes pour un bon bain récupérateur ! Nous arrivons aux bains thermales à la fermeture. Elles sont organisées comme un centre de loisirs avec plusieurs piscines à 38C.  Nous avons peur de ne pas pouvoir y rentrer, mais plus qu’un bain, nous obtenons l’autorisation de camper à l’intérieur du centre :) et donc de nous baigner au coucher du soleil. Nous resterons dans la piscine à 38 C près d’une heure (tant pis pour les recommandations), nageant le dos pour contempler la Croix du Sud, et autres constellations du ciel !

 

3iem jour - Enfin au sommet

Nous coucherons ce soir, propres, et émerveillés par ce spectacle !

 

 

Jour 4: pour…. un autre bivouac bien sûr

Nous commencons notre journée par un bain chaud ! Nous nous sentons fatigués, et les bains chauds n’aident pas à nous mettre en forme. Nous prenons notre douche, en plein air au milieu de ces montagnes et champs, une de nos meilleures douches dans ce périple, si ce n’est qu’elle est assez froide ! Nous aimons ce lieu, et nous en profitons, repoussant le départ tard dans la matinée (11H), mais la route est annoncée comme descendante, alors nous devrions avancer !

 

La route est effectivement descendante, mais nous avions oublié le vent, qui nous oblige à pédaler un peu trop…. Le décor a changé. Cette nouvelle vallée est beaucoup plus verte, profitant d’une importante rivière pour être irriguée. Nous sentons une plus grande richesse, et pour la première fois, voyageons entre les arbres. La flore a changé aussi, avec de nouveaux animaux et surtout de nouveaux insectes que nous avons la « chance » de goûter, la descente et le vent les écrasant sur notre visage ou dans notre bouche….

 

Nous passons la ville de Sicuani, pour arriver sur une route plus plate. Bénédicte repère un important restaurant touristique avec plusieurs cars stationnés, et insiste pour y manger pour changer des almuerzos locaux. Nous ne sommes pas très motivés par cela, mais demandons tout de même le prix: 25 soles. Nous ralons et demandons s’il est possible d’avoir un menu à 3 soles comme dans tout le pays ! Les serveurs ont du prendre pitié de nous, ou tout simplement appliquent un tarif normal, nous magerons pour 5 soles un buffet à volonté, au milieu des touristes propres. Malgrè les maux de ventre de certains (Ennio et Bénédicte), nous nous gaveons de tous ces plats ! Une fois tous les cars partis, nous apprendrons que les agences touristiques font payer 50 soles ce repas aux touristes…. Nous voilà prévenus, nous devons faire attention aux attractions touristiques, sur-payés par des touristes non regardant !

 

Nous en profitons aussi pour demander comment se passent les grèves, et s’il sera possible de voyager à vélos le lendemain. On nous confirme qu’il ne devrait pas y avoir de problèmes pour nous. Nous partons donc confiants, mais le ventre décidément bien trop pleins ! Nous ne ferons que 50 kms durant cette journée, commencée bien trop tardivement. Nous campons près de la route, à côté de la rivière et pas très loin d’une décharge. Mais si on oublie cette dernière, le site est magnifique ! 

 

Nous nous sentons de plus en plus fatigués, Ennio propose un jour-off, pour profiter de cette vallée et de notre campement avant d’arriver à Cuzco, annoncé désormais à 100 kms. Nous acceptons avec enthousiasme, et nous le plannifions dans 2 jours, pour ne pas trop subir la grève, celle-ci ne devant durer que 2 jours.

 

Jour 4: Grève et préparation du jour off

La grève devait commencer à 9H du matin, mais dès 3H, des manifestants commencent à bloquer la route, et arrêter les camions avec leurs sifflets qui nous réveillent ! Tout cela n’est pas rassurant, mais nous espérons pouvoir nous faufiler comme en Bolivie.

 

Avec le jour, tout se confirme. Une dizaine de camions sont bloqués, et beaucoup de personnes sont sur la route… Nous levons le camps vers 10H00. Notre campement étant en contre-bas de la route, à 200m de celle-ci, nous assurons le spectacle à tous les manifestants curieux de nous voir ici. Ils nous conseillent par des signes de longer la route pour éviter le bloquage, mais nous devons alors franchir un petit cours d’eau… Nous y mouillons les vélos, évitant de peu une chute, pour le plus grand amusement de nos spectateurs !!!

 5ieme jour - Départ un peu acrobatique, les routes sont bloquées!

Une fois parcouru ce petit chemin, nous arrivons sur la route, et découvrons son état: pneus brulés, pierres, verres et même cactus… Heureusement, les manifestants ne semblent pas hostiles, et nous encouragent à prendre la route. A part quelques slaloms entre les pierres, il est très agréable de pédaler, il n’y a aucune voiture sur la route, nous sommes seules, sans bruits, pouvant profiter des paysages sans regarder sans cesse dans nos rétroviseurs !

 

Après une dizaine de kms et avoir rencontré beaucoup de marcheurs sur la route, nous arrivons dans un village ou se trouve un important bloquage, et surtout beaucoup de personnes. Les leaders nous laissent passer, mais alors que nous franchissons le barrage, des femmes agées, très remontées nous arrêtent et nous empêchent de passer. Nous devons négocier… Après quelques mintues, et de nombreuses blagues d’Ennio, très à l’aise dans cette négociation, nous pouvons passer.

Nous reprenons la route à notre aise, et cherchons dans l’après-midi un endroit pour camper pendant 2 jours. Ce sera près de la rivière, à l’ecart de la route, cachés par une foret, endroit très agréable, nous promettant une bonne journnée le lendemain.

 

Jour 4: Un jour off se terminant finalement à Cuzco

La nuit est très agréable, bercés par le vent dans les arbres et le bruit de la rivière, nous dormons profondément ! Le réveil est tardif, nous attendons les rayons du soleil pour sortir de la tente. Ceux-ci ne viendront jamais, le ciel est couvert de nuages, dont certains menacant. Nous redoutons la pluie. Après concertation, nous ne voulons pas avoir une journée off dans le froid, sans soleil, alors nous décidons de reprendre la route pour ralier Cuzco, à 60 kms. Nous savons que les derniers 40 kms sont en montée, mais nous sommes décidés d’y arriver, même de nuit !

 

Nous levons le camps à 11H, et découvrons une route encore plus jonchée de pierres, et maintenant d’arbres coupés. Nous croisons des manifestants plus vindicatifs qu’hier. Ils ne veulent pas nous laisser passer, et le leader parle à Ennio avec sa machette, jouant avec elle comme le chef d’orchestre avec sa baguette, situation pas rassurante. Mais, après quelques phrases échangées, ils nous laisseront passer, plus curieux de savoir notre pays d’origine que menacants. Il y a beaucoup plus de barrages de pierres, et dans les villages, la route est désormais le terrain de loisirs des enfants, pour marrelle, foot, ou pour faire voler les cerfs-volants.

 6ieme jour -Toujours la greve au Pérou, mais on passe !

Nous roulons désormais sans aucun problème, la route est valonnée, et attaquons en début d’après-midi la montée pour Cuzco. Certains policiers commencent à enlever les pierres de la route, pendant que des enfants cassent des bouteilles sur la route lorsqu’ils ont le dos tourné. En fin d’après midi, nous arrivons dans la banlieue de Cuzco. La ville semble être immense et nous devons demander plusieurs fois notre chemin pour trouver la Plaza des Armas. Nos efforts sont récompensés par une arrivée sur la plaza des armas au coucher de soleil sur la cathédrale.

 

Nous sommes heureux, nous alons pouvoir prendre du bon temps dans cette ville qui semble très touristique, belle et reposante !!! Nous avons besoin de ce repos pour s’attaquer ensuite au célèbre Machu Pichu, sans prendre le train, bien trop cher: 120 dollards pour la plus petite classe, 645 dollars pour la classe supérieur. Quand les touristes sont des vaches à lait, certains paient, les autres le font mais en tirant la langue !!!!